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Palmares

Pour cette troisième édition du Festival International du Film des Droits de l’Homme, le jury présidé par l’intellectuel Louis-Georges Tin regroupait également l’écrivaine Gisèle Pineau et le cinéaste Dimitri Zandronis. Pendant toute une semaine, 28 films ont été montrés au public de la Guadeloupe, et 10 documentaires en particulier ont été sélectionnés. De la Chine aux Etats-Unis, de Cuba à la Palestine en passant par le Sénégal ou le Vietnam, le festival a permis au public nombreux de réfléchir à des problématiques aussi diverses que la colonisation, la liberté d’expression, la prostitution, l’homophobie, le racisme, la violence, l’intégrisme religieux, etc. Au terme de sa délibération, le jury a abouti au palmarès suivant :

Grand Prix du jury : We were rebels

Prix spécial du jury : 18 fugitives

Prix Alliance Caraïbes : Esto es lo que hay

A travers We were rebels, le jury a voulu récompenser l’originalité d’un film qui montre la naissance d’une nation, le Sud Soudan, entre espoir et désillusion. Katharina von Schroeder et Florian Schewe proposent un éclairage particulier sur un point du globe rarement évoqué. C’est le parcours d’un adulte, autrefois enfant soldat, dont le trajet individuel est un raccourci de celui de de son pays. Méditation sur l’histoire et sur ses déchirements, We were rebels surprend par sa composition autant que par sa force remarquable.

C’est aussi l’originalité que le jury a voulu singulariser en attribuant le prix spécial à 18 fugitives. Mêlant interview et animation, fantaisie et politique, Paul Cowan et Amer Shomali mettent en scène la résistance pacifique d’un petit village face à l’occupant israélien. Les 18 vaches qui sont au coeur du film deviennent pour ainsi dire une métaphore de la Palestine opprimée. Menant les spectateurs de Beit Sahour jusqu’aux accords d’Oslo, de la petite à la grande histoire, les cinéastes proposent une réflexion lucide sur la désobéissance civile, son pouvoir et ses limites.

Par ailleurs, Esto es lo que hay a reçu le prix Alliance Ciné Caraïbes. Le jury a voulu récompenser à cette occasion le talent de Léa Rinaldi, qui a suivi pendant plus de six ans un groupe de rap cubain, diffusant dans le pays et au-delà une musique contestataire. A travers ces jeunes gens, apparaissent le pays, la révolution inaboutie, les rêves et les déceptions d’une jeunesse désabusée. Mais refusant tout manichéisme, le film montre ces personnages, tiraillés entre leur amour pour Cuba et leur attirance pour le monde américain. C’est aussi une histoire d’amitié, que la réalisatrice a su capter, avec finesse et émotion.

Le jury lycéen a primé Sonita réalisé par Rokhsareh Ghaemmaghami pour le charisme dupersonnage principal. Le film fait un portrait fort et poignant d’une jeune fille capable de se révolter et refuser soumission et asservissement.

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